Konqui : l'artiste contemporain qui fait sortir les objets et les violons du tableau
Dernière mise à jour : 28 sept.
Il existe deux grandes catégories d'objets.
Ceux que l'on range.
Et ceux que Konqui colle sur un tableau.
Chez Konqui, un violon peut finir entouré de peinture, un saxophone changer radicalement de carrière, une paire de chaussures accéder à la postérité et des objets issus de la société de consommation découvrir brutalement qu'ils avaient une vocation artistique.
C'est évidemment beaucoup plus agréable que la poubelle jaune.
Mais derrière les couleurs, l'humour et les accumulations d'objets, le travail de Laurent Konqui, artiste plasticien français installé à Neuilly-sur-Seine, développe depuis près de vingt ans une réflexion sur notre époque, nos objets, notre mémoire et notre manière de regarder le monde.
Et surtout de ne pas toujours le ranger correctement.
Qui est Konqui ?
Konqui est le nom d'artiste de Laurent Konqui, né en 1967 à Neuilly-sur-Seine.
Avant de fréquenter quotidiennement les pots de peinture, les résines et les instruments de musique, son parcours était sensiblement différent : il travaillait dans la finance.
Comme quoi, il existe plusieurs manières de produire des tableaux.
Il se consacre à l'art plastique depuis 2006. Son déclic artistique naît notamment de sa découverte du film Pollock, avec Ed Harris, consacré au peintre américain Jackson Pollock et à l'Action Painting. La liberté du geste, la projection de peinture et cette possibilité de créer sans nécessairement faire toucher le pinceau à la toile deviennent pour lui une porte d'entrée vers la création. Ce parcours est aujourd'hui documenté à la fois sur son site et sur différentes plateformes artistiques. KONQUI
Bonne nouvelle : aucune calculatrice n'a été blessée pendant cette reconversion.
Enfin, presque aucune.
Du Pop Art aux Nouveaux Réalistes
Les premières influences de Konqui viennent naturellement du Pop Art, notamment d'Andy Warhol, puis des Nouveaux Réalistes français : Arman, Jacques Villeglé, Yves Klein ou César.
Mais il ne s'agit pas de reproduire leurs œuvres.
L'enjeu consiste plutôt à poursuivre une question qui traverse une grande partie de l'art contemporain :
Que se passe-t-il lorsqu'un objet quotidien cesse d'être seulement un objet ?
Une chaussure est une chaussure.
Jusqu'au moment où quelqu'un la place au milieu d'une composition, l'englue dans la matière, l'entoure de peinture et l'accroche au mur.
À ce moment précis, deux événements se produisent simultanément.
Le premier : elle devient potentiellement une œuvre.
Le second : il devient nettement plus difficile de marcher avec.
Quand le tableau prend du volume
Une caractéristique importante du travail de Konqui est sa relation à la troisième dimension.
Le tableau n'est plus nécessairement une surface plane.
Des objets réels viennent s'intégrer dans les compositions : instruments de musique, objets de consommation, lunettes, chaussures, pièces ou autres fragments du quotidien.
Le critique Thibault Mirabel avait déjà décrit cette démarche en soulignant la façon dont Konqui expérimente les limites du tableau par sa surface et son volume, en intégrant des objets réels à ses compositions et en utilisant notamment la résine de polyuréthane.
Le spectateur ne regarde donc plus seulement une image.
Il regarde de la peinture, de la matière et un morceau du monde réel qui semble s'être trompé d'adresse.
Et qui, finalement, se trouve très bien là.
La société de consommation transformée en matière artistique
Certaines séries de Konqui interrogent explicitement le consumérisme.
Alimentation, produits industriels, vêtements, objets familiers : l'artiste détourne ce qui accompagne notre quotidien pour questionner notre rapport à la consommation.
Le site présente notamment une série intitulée Consumérisme, décrite comme une exploration critique de la consommation de masse, de ses implications sociales et philosophiques. KONQUI
Autrement dit, nous achetons des objets.
Puis nous les consommons.
Puis Konqui les transforme éventuellement en art.
C'est une économie circulaire, mais avec davantage de résine.
Pourquoi les instruments de musique occupent-ils une place importante chez Konqui ?
Au fil des années, les instruments de musique prennent une place de plus en plus importante dans son œuvre.
Violons, violoncelles et guitares occupent le devant de la scène, accompagnés parfois de saxophones, flûtes, pianos ou chofars. KONQUI
Ce choix est intéressant parce qu'un instrument possède déjà plusieurs dimensions avant même que l'artiste intervienne.
C'est un objet.
C'est une forme.
C'est une matière.
Mais c'est aussi une promesse de son.
Un violon silencieux reste chargé de toute la musique qu'il pourrait produire.
Lorsqu'il est introduit dans une œuvre picturale, il devient donc simultanément sculpture, symbole et mémoire.
Et contrairement à la plupart des tableaux, il possède quatre cordes.
Ce qui constitue déjà un avantage concurrentiel assez sérieux.
Les Violons de l'Espoir : lorsque l'art rencontre la mémoire
Cette réflexion prend une dimension particulière avec la série « Hommage aux Violons de l'Espoir ».
Les véritables Violons de l'Espoir sont liés au travail du maître luthier Amnon Weinstein, qui a consacré une grande partie de sa vie à retrouver et restaurer des instruments ayant appartenu à des musiciens juifs avant ou pendant la Shoah.
La série de Konqui ne prétend pas présenter ces instruments historiques : le site précise explicitement qu'il s'agit d'œuvres créées en hommage à leur histoire et au travail d'Amnon Weinstein. KONQUI
Cette distinction est fondamentale.
Ici, le violon n'est plus simplement choisi parce que ses courbes sont belles.
Il devient un véhicule de transmission.
Une présence.
Une voix qui existe alors même qu'elle ne joue aucune note.
Peut-on faire de la mémoire avec de la couleur ?
C'est probablement l'une des questions intéressantes posées par cette série.
La mémoire doit-elle nécessairement être sombre pour être profonde ?
L'art contemporain peut-il utiliser la couleur, la matière et une esthétique puissante pour évoquer une histoire douloureuse sans la banaliser ?
Konqui choisit la couleur.
Pas pour effacer l'histoire.
Pour attirer le regard vers elle.
Un tableau n'est évidemment ni un livre d'histoire ni une archive.
Mais il possède un pouvoir très particulier : il peut provoquer en quelques secondes une émotion qui donnera ensuite envie de connaître l'histoire.
Et parfois, la transmission commence exactement ainsi.
Par quelqu'un qui s'arrête devant un tableau et demande :
« Pourquoi ce violon ? »
À partir de là, la conversation peut commencer.
Un artiste contemporain français entre peinture, sculpture et assemblage
Alors, comment définir exactement le travail de Konqui ?
Peintre ?
Plasticien ?
Artiste Pop Art ?
Artiste d'assemblage ?
Créateur d'œuvres en volume ?
La réponse la plus satisfaisante est probablement :
un peu tout cela.
Son travail se situe à la frontière de plusieurs disciplines.
La peinture apporte la couleur et le geste.
L'objet réel apporte le volume.
La résine unit les différents éléments.
L'accumulation crée le mouvement.
Et le sujet apporte le sens.
C'est ce mélange qui permet aux œuvres d'exister quelque part entre peinture contemporaine, sculpture murale, assemblage et Pop Art.
En art contemporain, les frontières sont heureusement beaucoup moins surveillées qu'à l'aéroport.
De la finance à l'atelier : une trajectoire peu académique
Le parcours de Konqui possède également une singularité : il n'est pas issu d'un cursus traditionnel aux Beaux-Arts.
Il arrive à la création après une carrière dans la finance.
Cette trajectoire d'artiste autodidacte a été évoquée aussi bien dans sa biographie que dans plusieurs articles et entretiens consacrés à son travail. ArtMajeur Online Art Gallery
Est-ce un handicap ?
L'histoire de l'art montre surtout qu'il n'existe pas une seule porte d'entrée.
Certains arrivent par une école.
D'autres par un atelier familial.
Konqui est arrivé en regardant un film sur Pollock.
Il existe des orientations professionnelles plus compliquées.
L'atelier Konqui à Neuilly-sur-Seine
Konqui travaille à Neuilly-sur-Seine, où son atelier permet de découvrir les œuvres dans un environnement très différent de celui d'une simple galerie virtuelle. Le site mentionne notamment son espace Neuilly Pop Art, consacré à son univers et à différentes séries. KONQUI
Car une œuvre en volume possède un défaut majeur sur Internet :
elle est en volume.
La photographie peut montrer la couleur, la composition et le sujet.
Mais elle restitue imparfaitement les reliefs, la matière, les reflets et la profondeur d'une œuvre.
Voir un Konqui physiquement permet donc de comprendre quelque chose qu'un écran aplati nécessairement.
Ce qui est assez ironique lorsqu'un artiste passe précisément son temps à essayer de faire sortir les objets de la surface plane.
Qu'est-ce qui caractérise une œuvre de Konqui ?
On peut reconnaître plusieurs éléments récurrents.
D'abord, la couleur.
Elle n'est pas utilisée comme une décoration périphérique mais comme une énergie visuelle.
Ensuite, la matière.
Résine, objets, peinture et surfaces composent une œuvre qui doit également fonctionner lorsqu'on s'approche.
Enfin, l'objet détourné.
L'objet quotidien perd sa fonction habituelle pour acquérir une nouvelle signification.
Un violon ne joue plus.
Une paire de chaussures ne marche plus.
Une bouteille ne contient plus nécessairement quoi que ce soit.
C'est terriblement frustrant pour l'objet.
Mais excellent pour le tableau.
Art contemporain et émotion : faut-il obligatoirement tout comprendre ?
Non.
Et c'est peut-être une bonne nouvelle.
L'une des idées persistantes autour de l'art contemporain voudrait qu'il faille disposer d'un doctorat, d'une paire de lunettes noires et d'une capacité à dire « intéressant » toutes les trente secondes pour pouvoir l'apprécier.
C'est faux.
Une œuvre peut d'abord être regardée.
Elle peut plaire.
Déranger.
Amuser.
Intriguer.
Émouvoir.
Et seulement ensuite être expliquée.
Le travail de Konqui fonctionne précisément sur ces deux niveaux.
Il possède une dimension immédiatement visuelle : couleurs, objets, volumes, références populaires.
Mais il peut également ouvrir une seconde lecture : consommation, mémoire, histoire, musique, transformation ou transmission.
On peut donc aimer un tableau avant d'avoir lu sa notice.
C'est même autorisé.
Pourquoi le violon est-il devenu un symbole fort dans l'œuvre de Konqui ?
Parce qu'il concentre plusieurs des préoccupations de l'artiste.
Le violon est à la fois un objet manufacturé et une pièce d'artisanat.
Il possède une fonction et une beauté propre.
Il appartient à l'univers musical mais possède aussi une silhouette immédiatement identifiable.
Enfin, son histoire culturelle en fait un objet chargé de mémoire.
Dans la série Hommage aux Violons de l'Espoir, toutes ces dimensions se rejoignent.
La peinture rencontre la musique.
L'objet rencontre l'histoire.
La couleur rencontre la mémoire.
Et, exceptionnellement, personne ne demande au violoniste de jouer moins fort.
Konqui aujourd'hui
L'univers de Konqui se construit désormais autour de plusieurs territoires complémentaires : les œuvres Pop Art, les objets du quotidien, le consumérisme, les compositions personnalisées, les instruments de musique et le travail mémoriel autour des Violons de l'Espoir.
Cette pluralité peut sembler importante.
Elle possède pourtant un fil conducteur relativement simple :
transformer l'objet pour transformer le regard que nous portons sur lui.
C'est probablement là que se trouve le cœur du travail.
Nous vivons entourés d'objets que nous finissons par ne plus voir.
L'artiste les extrait du quotidien.
Il les déplace.
Il les peint.
Il les emprisonne parfois dans la matière.
Et soudain nous les regardons de nouveau.
Finalement, l'art contemporain commence peut-être à cet instant précis :
quand quelqu'un nous oblige à regarder une deuxième fois ce que nous pensions avoir déjà vu.
Et si, entre-temps, un violon se retrouve collé au mur, c'est simplement que Konqui n'était pas très loin.
FAQ — Konqui et son travail artistique
Qui est Konqui ?
Konqui est le nom d'artiste de Laurent Konqui, artiste plasticien français né en 1967 et installé à Neuilly-sur-Seine. Il développe depuis 2006 un travail mêlant peinture, assemblage, objets en volume, résine, Pop Art et influences des Nouveaux Réalistes. KONQUI
Où se trouve l'atelier de Konqui ?
L'atelier de Konqui est situé à Neuilly-sur-Seine, en France. Son site présente également l'espace Neuilly Pop Art et permet de le contacter pour découvrir son travail. KONQUI
Quel est le style artistique de Konqui ?
Son travail se situe entre art contemporain, Pop Art, assemblage et œuvres en volume. Il associe peinture, objets du quotidien, instruments de musique et matériaux comme la résine.
Pourquoi Konqui utilise-t-il des violons ?
Les instruments de musique occupent depuis longtemps une place importante dans son travail. Le violon est devenu particulièrement central avec sa série Hommage aux Violons de l'Espoir, qui explore les liens entre art, musique, histoire et transmission de la mémoire. KONQUI
Les violons utilisés par Konqui sont-ils les véritables Violons de l'Espoir ?
Non. Le site de Konqui précise que les œuvres de cette série constituent un hommage artistique et que les violons représentés ou utilisés ne sont pas les instruments historiques restaurés par Amnon Weinstein. KONQUI
Où voir les œuvres de Konqui ?
Les œuvres et séries de l'artiste sont présentées sur konqui.com, dans son atelier et lors de différentes expositions. Plusieurs plateformes et publications consacrées à l'art contemporain documentent également son parcours, notamment Artsper, ArtMajeur et Art Absolument.
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